Introduite en Angleterre à l’automne 2024, la vaccination maternelle contre le virus respiratoire syncytial (VRS) montre des résultats très encourageants. Une large étude nationale confirme une réduction majeure des hospitalisations chez les nourrissons.
La prévention des infections respiratoires du nourrisson constitue un enjeu majeur de santé publique, particulièrement pour le virus respiratoire syncytial (VRS), première cause d’hospitalisation chez les nouveau-nés. Depuis septembre 2024, l’Angleterre a mis en place cette stratégie: proposer une vaccination maternelle contre le VRS à partir de 28 semaines d’aménorrhée (entre 32 et 36 SA en France). Les premiers résultats issus des données nationales apportent aujourd’hui des éléments solides sur son efficacité.
Une étude en vie réelle à grande échelle
Les données analysées proviennent de plusieurs bases nationales croisées : suivi de grossesse, registres de vaccination, hospitalisations et résultats biologiques. Cette approche permet d’étudier, en conditions réelles, l’impact de la vaccination maternelle sur la santé des nourrissons.
L’étude porte sur près de 290 000 nourrissons nés entre septembre 2024 et mars 2025. Les chercheurs ont comparé les taux d’hospitalisation pour infection respiratoire basse associée au VRS selon que les mères avaient été vaccinées pendant la grossesse ou non.
La vaccination était considérée comme pleinement efficace lorsqu’elle avait été réalisée au moins 14 jours avant la naissance.
Une réduction spectaculaire des hospitalisations
Les résultats sont sans équivoque. Parmi les nourrissons suivis, plus de 4 500 hospitalisations liées au VRS ont été recensées. Mais les taux diffèrent fortement selon l’exposition vaccinale :
8 hospitalisations pour 100 enfants-années chez les nourrissons non exposés
1,1 hospitalisation pour 100 enfants-années chez les nourrissons dont la mère était vaccinée
Après ajustement des facteurs de confusion, l’efficacité vaccinale est estimée à plus de 80%. Autrement dit, la vaccination maternelle réduit de façon majeure le risque d’hospitalisation du nourrisson pour infection à VRS.
Le facteur temps : un élément déterminant
L’un des enseignements clés de cette étude concerne le délai entre la vaccination et la naissance.
Lorsque la vaccination est réalisée au moins 28 jours avant l’accouchement, l’efficacité atteint près de 85%
Entre 10 et 13 jours avant la naissance, elle reste significative, autour de 50%
Ces résultats confirment l’importance d’anticiper la vaccination dans la fenêtre recommandée, tout en montrant qu’un rattrapage tardif garde un intérêt réel.
Et pour les prématurés ?
La protection conférée aux nourrissons prématurés, particulièrement vulnérables, est également notable :
Environ 70% d’efficacité chez les prématurés modérés
Une efficacité globale proche de 70% chez l’ensemble des prématurés
Même si les intervalles de confiance sont plus larges chez les très grands prématurés, la tendance reste en faveur d’un bénéfice protecteur.
Une couverture vaccinale encore perfectible
La couverture vaccinale atteint environ 55% en fin de période étudiée, traduisant une adoption progressive de cette stratégie. Ce niveau, bien qu’encourageant pour une première saison, laisse entrevoir une marge d’amélioration importante.
Protéger l'enfant avant sa naissance
La vaccination maternelle contre le VRS illustre une évolution : protéger l’enfant avant même sa naissance. À l’image de la vaccination contre la coqueluche, elle s’inscrit dans une approche préventive globale, centrée sur le binôme mère-enfant.
Dans un contexte où les hospitalisations hivernales pèsent lourdement sur les systèmes de soins, cette stratégie pourrait transformer durablement la prise en charge des infections respiratoires du nourrisson.
