Après une césarienne, jusqu'à 9-12% des femmes développent un syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et 16-23% des symptômes dépressifs à 2 mois, avec des prévalences doublées par rapport à l'accouchement par voie basse. Ces troubles, souvent sous-diagnostiqués, partagent des facteurs de risque cumulatifs comme l'urgence opératoire, l'hémorragie et les douleurs postopératoires, impactant durablement la mère et le lien familial.
Fréquence et profils à risque après césarienne
Les données multicentriques françaises (TRAAP2, n=2792) montrent 9% de symptômes SSPT à 2 mois post-césarienne : 7,5% programmée vs 11,5% en urgence, contre 3-6% globalement post-partum.
Les facteurs de risque sont : jeune âge, IMC élevé, origine africaine augmentent le SSPT ; migrants et jeunes pour DPP, césarienne après déclenchement/HPP pour SSPT ; urgence, absence soutien social, douleurs pour DPP. L'anémie post-partum, fréquente (50-60%), reste controversée comme facteur indépendant.
Mécanismes : du traumatisme perçu à l'altération thymique
La césarienne, souvent inattendue, génère perte de contrôle et menace perçue, activant SSPT via souvenirs intrusifs, évitement, hypervigilance (DSM-5). HPP (50% pertes>500 ml) amplifie le stress ; absence peau-à-peau élève le risque.
DPP (symptômes ≥2 semaines) chevauche SSPT via facteurs communs (urgence, douleur), avec mécanismes : fatigue anémie altérant dopamine/sérotonine/GABA, moindre allaitement post-césarienne supprimant ocytocine protectrice. Les vulnérabilités préexistantes avec le stress obstétrical précipitent les troubles.
Stratégies de dépistage et prévention en suites de couches
Avant la sortie de maternité, une question simple suffit: "Quels sont vos souvenirs de l'accouchement aujourd'hui ?". Elle identifie efficacement les cas à risque de SSPT à 2 mois. L'EPDS ou PHQ-9 complète ce premier tamisage en post-natal. Pour un SSPT suspecté, l'échelle IES-R précède un entretien CAPS-5.
Les recommandations divergent : ACOG/NICE prônent un dépistage EPDS systématique prénatal/post-partum ; Le CNGOF cible les situations à risque comme la césarienne. La prévention passe par l'information prénatale loyale, la présence d'un soutien au bloc, le peau-à-peau immédiat et une analgésie optimale. Le débriefing immédiat par l'opérateur – indications, déroulement – réduit les malentendus traumatiques
